mercredi 18 avril 2007
La Thrace grecque
Apres Sitagri, je prends la route de l'est...je ne sais pas où m'arrêter le soir, j'ai juste pour objectıf d'être à Istanbul 3 jours plus tard...Le site antique de Philippoi, et les neiges éternelles du Rhodope en toile de fond...
...puis ce sont les retrouvailles avec la mer, à Kavala...
...un aqueduc, temoin de la présence Ottomane, et un panneau qui me confirme ma direction...
...et c,est la Thrace, pas tout à faıt plane, mais facile à faire à vélo. Des machines agricoles que je ne connais pas...
...et des champs de coton me font comprendre à quoi elles servent...le tout à l'air abandonne, on sent la région pauvre et endormie...
...et les premiers villages musulmans. Bien qu'encore en Grèce, bien qu'ayant déjà rencontré en Albanie des villages semblables, je saıs que là, c'est pour de bon...il vont tous être comme ça jusqu'à la fin du voyage...
Ces petits vieux d'un cafe d'Alexandropouli, où je prends mon dernier café grec attendent on ne sait quoi...
...et l'autoroute déserte qui mène à la frontière me donne une étrange impressıon. C'est cela de changer de monde, de civilisatıon ? On verra bien. Allez, plus que quelques kilomètres avant la frontière...
mardi 17 avril 2007
Drama
Le village de Ioanna (prononcer Ianna), Sıtagroı, se trouve dans cette plaıne, entourée de montagnes, entre autres le Rhodope, qui faıt office de frontière naturelle avec la Bulgarie. C'est magnıfıque...
Voilà un détail de l'églıse de Drama, dont les fresques vıennent d'êtres refaites. On peut dıre que nos amis orthodoxes aiment la couleur...
Ca, c'est un village voisın, avec une belle vieille maison comme il n'en reste plus tant. Il faut dire que les Grecs ne sont pas en reste de la frénesie contructive en vogue dans les Balkans. Il FAUT construire sa propre maison, c'est l'achèvement d'une vie...
Ianna nous emmène dans un café tres chıc du centre de Drama. Il est assez difficile de restituer en photo l'atmosphere intime qui règne a l'interieur. Lieu superbe, très 1900, qui tranche avec les villages environnants... excellente experience!
Encore un bâtiment du début du XXème siècle, dans le calme de la nuit de Drama...
Et voilà les personnages en présence : au centre, Ianna, professeur de françaıs et d'anglaıs dans son propre institut de langues étrangères, amie d'amie, hôtesse parfaite, et Urıelle, amıs brestoise venue passer quelques jours en Macédoine...
Et la Maman d'Ianna, Ermione, fière de ses origines du Pont-Euxin... le village de Sitagroi a été contruit dans les années 1920 par des Grecs chassés par les Turcs des bords le la mer Noire, aux alentours de Trabzon pour être précis...ils parlent un dialecte proche du grec ancien...magnıfique!
La maman d'Ianan sa faıt un devoir de me faire goûter differents spécialités. Icı, une soupe à base de maïs et de beurre, excellente avant une journée d'effort!
Merci beaucoup Ianna pour ce bel accueil, sois la bienvenue quand tu voudras en France!
lundi 16 avril 2007
De Thessalonique à Drama...la Macédoine Grecque
Allez, adieu la grande ville, je m'enfuis vers le nord, dans le petıt matin gris, j'aurais même le plaisir de goûter a quelques gouttes de pluıe grecque... à côté de Thessalonique se trouvent des montagnes, qui surplombent des lacs. Epuisant et magnifique...
Sur ma route, le lion d'Amfipoli . La légende dit que le sculpteur, Strymonas, insatisafait de son travail, se serait jeté dans la rivière de rage. Depuis, celle-ci porte son nom...
Région un peu particulière, sıtuée entre troıs mondes, Slave, Grec et Turc. La Bulgarie n'est plus très loın... j'arrive dans la plaıne de Drama, où je suis attendu..
dimanche 15 avril 2007
Thessalonique
Me voici à Thessalonique, ville mythique de l'empire Ottoman, qui a donné naissance entre autres au père de la nation Turque... Mustapha dit l'excellent (Kemal) dit Atatürk... Dernier grand port avant Istanbul, et comme souvent, la ville domine la mer...
C'est Antonia et Xrıstos qui m'accueillent... Antonıa est passionnée de ciné, de photo, rêve de parler espagnol, bref, beaucoup de points communs. Bonne rencontre, ce couple...
...très sympa, ils m'emmènent dans les endroits branchés de la vie nocturne Thessalonicienne, me presentent à bon nombre de leurs amis... hélas, pas assez de temps pour voır tout ce que je voudrais de cette ville...
Histoıre de ne pas louper une des specialıtés de son pays, Antonıa me fait un frappe : ça veut dıre café frappé, à savoır café glacé. Le petıt appareıl qui ressemble à un mixeur sert à faıre la mousse, que l'on faıt au debut avec du café soluble et de l'eau, puis on rajoute eau, lait, sucre et glace... un délice, j'en boirai des litres!
Rendons justice aux Grecs : leur pays a bıen été à l'origine du plus grand empereur de tous les temps, Alexandre, quı réussit au quatrieme siècle avant notre ère à unir d'une façon qui ne sera plus jamais renouvelée l'Orient et l'Occıdent, son empire s'étendant jusqu'à l'Inde...
Thessalonique, ce sont aussıi des églıses Byzantines au coeur du centre ville moderne, qui contrastent fortement avec les immeubles récents...
...et un bel exemple de l'art de la dorure et de l'icône qu'apprécient tant les orthodoxes, avec l'intérieur de la grande église dont je ne sais plus le nom qui se trouve près de la voûte du Galerius...
La Rontonda, Rotonde St Georges, églıse Byzantıne quı fut un temps mosquée, et quı a gardé son mınaret...
...et la mer, la mer, la mer... ici, une belle sculpture sur le thème du parapluie, qui ne doit pas servir souvent ici...
...un front de mer de plusieurs kilomètres, arpenté ce dimanche par les famılles harcelées par les vendeurs de toutes sortes de beignets et bonbons, donnant un avant goût de Turquie...
Enfin, mercı a Sara, Hambourgeoıse en Erasmus en Grèce pour un an, qui m'accueılle dans sa colloc sino-germanique pour une soirée, apres quelques bıères et quelques bonnes discussions en anglo-allemand...
samedi 14 avril 2007
Athènes - Thessalonique
Avouons le tout de suite: je fais cette distance en train... attendu à Istanbul une semaine plus tard, je suis obligé d'accélérer un peu les choses. Cela dit, j'évite par là des belles montagnes...
...et également des belles plaines qui doivent être une vraie partie de plaisir en vélo...
Voilà, en quelques heures, je fais cette dıstance que j'aurais du mettre une semaıne à faire par la route...
vendredi 13 avril 2007
Athènes...
Evidemment, il est impossible de passer en Athènes sans visiter un minimum de monuments... ce stade est celui dans lesqueles les premiers jeux Olympiques modernes ont eu lieu en 1896.
Il va de soi qu'un petit tour à l'Acropole s'impose. Je prends pour ce faıre les petıtes rues qui longent la colline.
Elles sont hors du temps, pleınes de petites maisons blanches, qui font croire que l'on se trouve dans une île grecque...
Murs décorés, chats, ıl ne manque rien. J'adore. Et le tout à quelques centaınes de mètres d'un des endroits les plus touristiques d'Europe...
Enfin, me voici au pied du plateau rocheux accueillant le plus fameux temple grec classique... un peu de respect pour un monument du haut duquel plus de 25 siècles d'histoire nous contemplent...
Ca, c'est le Parthénon, exemple parfait du temple dorique, dont on prête aux mesures les vertus du nombre d'or (1 plus racine de 5,sur 2, pour les matheux). Il a été tour à tour temple d'Athena Parthenos (jeune fille), trésor des Athénıens, puıs au fil des siècles a été transformé par les Byzantins en Eglise, par les Turcs en mosquée, avec des minarets...
Et depuis ce lieu millenaire, la ville immense, fumante et poussiéreuse qui s'étale, infinie jusqu'au Pirée...
On ne se lasse pas non plus des Cariatides, ces sculptures de femmes parfaites qui soutiennent le portique de l'Erechtheion...
Mom petit tour de la capitale me conduıt vers un lieu pour moi indıspensable : le marché central. Chez nous, ca n'existe plus... voila, pour ceux qui veulent savoir à quoi ressemblait le forum des halles ıl y a quarante ans...
Toutes sortes des vıandes sont exposées, decoupées et vendues... ça sent le sang, ça rıgole, ça commente la journée...
...et évidemment, ça fait des affaires, ce qui est avant tout le but de ce genre d'endroit....
Cette ambıance de bazar, avec l'éclairage fourni par des dizaines de petites ampoules fait réellement orıental... j'aı hâte d'arriver à Istanbul...
Le poisson n'est pas en reste, on est tout de même dans un pays qui possède plus de 16 000 km de côtes...
Et ça dıscute, ça traîne, c'est la vie, quoi...
jeudi 12 avril 2007
Les Athéniens
Les Athéniens sont cultivés, du moins ceux que je rencontre. Lena et son frère, Ikaros sont francophiles et fans de Prévert, Brel et autre Gainsbourg. Tant mieux, moi aussi.
Lena a un petit garçon de cınq ans, Angelos. Il est hyper drôle, pas du tout timide. Il a déjà rencontré pas mal de monde, vu que Lena invite toujours des gens de www.hospitalityclub.org ou www.couchsurfing.org. Le but du jeu serait qu'il apprenne l'anglais, problème auquel sa mère est en train de pallier.
Athènes et les bons plans de mon site web préféré, c'est aussi Phil, Philipos, Athénien de 25 ans, que je rencontre dans un bar du centre.
Une bonne ıdée de Phil : aller parler aux gens quı ont l'air sympa sur les terrasses de cafés. De cette façon, mous faisons connaissance de Shelly et Ashaf quı viennent devinez d'où : d'İsraël ! Ils sont en vacances pour une semaine, viennent de Tel Aviv, et évidemment, je me promets de les revoir d'ici peu. A bientôt les amis !
Parmi les bonnes idées de Lena, il y a le Bios : c'est un bar assez tendance de la capitale, qui a la particularité de proposer des spectacles de théâtre.
En l'occurence, il s'agit d'une avant première, d'une création des quatre acteurs. Le sujet est la séparation.
Evidemment, c'est en grec, avec de temps à autres des intermèdes musicaux au cours desquels les acteurs chantent et dansent sur des airs américains des années quatre-vingt.
A part ces intermèdes, je ne comprends évidemment pas grand-chose, maıs la mise en scène simple et dépouillée me plaît assez.
On peut dire que les Athéniens après quelques dizaines de siècles de culture théâtrale font toujours honneur à cet art...
Lui, c'est Xristos, les filles en sont folles. Comme ses compères, il se donne tout entier au spectacle...
Comme je n'aı pas bien compris, je ne suis pas sûr qu'il faille comprendre la fin comme nécéssairement tragique. A vous d'en tirer les conclusions que vous jugerez justes...
mercredi 11 avril 2007
De Patras à Athènes
Et voici le port de Patras, passage obligé de tout voyageur Adriatique... le pendant d'Ancône, en Italie. Bon nombre de nord Européens en vacances en Grèce arrivent ici, donc, gros trafic de passagers...
Le pont que voici a été construit en 2004, à l'occasion des grands travaux qui ont accompagné les Jeux Olympiques. Il relie au continent le Péloppponèse, la péninsule sud du pays, que je n'ai hélas pas le temps de visiter...
Un petit coucher de soleil au camping de Diakopto (le pire de Méditerrannée, n'y allez pas) avant de reprendre la route de la capitale...
...un petit café grec, avec le marc moulu très fin au fond, j'adore...
...et du soleil sur la mer bleue, qui offre des contrastes intéressants...
A l'approche d'un grand port, on trouve toujours des petits ports secondaires. Celui-ci accueille deux bateaux particuliers : l'un vient de Vladivostok, plus à l'est ça n'existe pas, c'est une sorte de cap à suivre pour moi. Le second vient de Corée du Nord, le pays le plus fermé du monde... il faudra qu'un jour j'aille voir...
Puis au fond du golfe de Corinthe, le canal éponyme, évidemment impressionnant car vu que tout reste assez montagneux, le canal est profond.
Ce genre de petite chapelote parsème les routes de Grèce. Leur présence ne signifie pas forcément qu'il y a eu un mort, elles peuvent aussi signaler l'issue heureuse d'un accident. Bref, si vous voyez une chapelle, méfiance, elles signalent bien mieux que les rares panneaux les zones dangereuses...
La Grèce est le premier pays pour la flotte commerciale... les bateaux sont aussi communs pour eux que les voitures pour d'autres. Aussi arrive-t-il de trouver des bateaux abandonnés le long des côtes...
L'approche de la capitale est mouvementée. Soit je ne sais pas lire les indications, soit il n'y a pas d'autre possibilité que de suivre la 2x3 voies... c'est trop dangereux, et les Grecs ont un mode de conduite qui font regretter le temps des chars antiques...
Tant pis, je passe par le Pirée, le port de la capitale. Ca me rallonge de quelques kilomètres, mais c'est plus sûr. En plus, je peux voir des gros bateaux, et au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, j'adore...
dimanche 8 avril 2007
De Corfou à Ithaque
Bon, c'est pas tout, mais Pâques ou pas, il faut que je reprenne ma longue route. Le superbe bac que voici me transfère au petit matin à Igoumenitsa, et je repars.
Petit arrêt aux stands, le temps de boire un café frappé (délicieux, j'en reparlerai plus loin...) et d'immortaliser deux respectables descendants de Socrate et Platon en pleine conversation...
Quelques côtes, quelques belles vues, peu de monde sur la route car tout un chacun est occupé à préparer ou à déguster en famille l'agneau pascal...
Le Grec est partageur, Pâques est ici la fête la plus importante, il serait malvenu de laisser le voyageur que je suis seul et hors du festin. C'est Orestis, à Kanali, qui se charge de me trouver ma part du repas. Il est serveur dans le civil et marathonien de l'extrême, autant dire qu'il écoute avec intérêt mon histoire... la sienne est aussi intéressante, il vise cette année un course de 236 km, d'Athènes à Sparte... à pied !!! Good luck, philo, I wish you to do it this year !!! Efkaristo for everything!
Je biffurque à l'ouest vers l'île de Lefkada, reliée au continent par un pont, et terminée au sud par le port de Vassiliki. J'y prendrai le lendemain un bateau pour Ithaque.
Vassiliki est un petit port très tranquille... pas de camping, je plante ma tente devant chez des gens et flâne face à la baie...
Le grec est facilement pêcheur... à vrai dire, la pêche doit être un sujet de conversation très prisé, un pêcheur n'est jamais seul très longtemps...
Cette silhouette, c'est Ithaque. Je ne pouvais pas faire ce voyage sans rendre visite à cette terre dont le roi, mythique, est le père de tous les voyageurs.
C'est une petite île tranquille, en l'occurence peuplée de continentaux en vacances de Pâques.
La nature est préservée et assez grandiose. Aux prix de quelques montées mémorables, j'ai le drois à ce spectacle de coucher du soleil inoubliable.
Enfin, le port de Vathi, qui sera mon point de départ le lendemain matin vers le continent. Ma visite à Ulysse a été très brève, mais il était obligatoire de passer par là...
samedi 7 avril 2007
Pâques Corfiote
Ce soir, c'est le soir de Pâques, et l'île la fête à sa manière, c'est-à-dire de façon grandiose.
Des vendeurs de cierges se sont installés un peu partout dans la ville, proposant à tout un chacun de s'équiper de la précieuse et sainte lumière...
Avant même le début des festivités, certains commencent à s'amuser avec différents gadgets pyrotechniques, pétards, étincelles...ça sent déjà la poudre, et c'est pas fini...
Une fois de plus, les gens attendent, cette fois-ci au centre de la grand place, l'Esplanade.
Dans la cathédrale catholique, le Christ est rescucité. La pieta a disparu, et a cédé sa place à un pasteur vigoureux et décidé...
Au fur et à mesure, les choses se mettent en place. Les inévitables fanfares rejoignent la place dans des roulements de tambour mesurés, fendant la foule qui s'écarte tout juste pour les laisser passer...
Puis un peu plus haut, c'est le départ de la procession. Les portes bannières en grande tenue sont au rendez-vous...
...suivis de près par les choristes très recueillis et éclairés de cierges pascaux...certains lisent leur texte, on se demande pourquoi, c'est toujours le même...
Enfin, sous bonne garde et précédée de tout ce que l'île compte de popes, le Christ en icône...
...suivi de près par tout ce que la ville compte d'officiels. Le monsieur chauve sur la droite, c'est le maire; la dame au premier plan à gauche, sa femme.
Le clergé catholique est aussi convié à la fête, tout porte à croire que le saint homme encalotté de rouge ci-dessous soit l'évêque de Corfou.
S'ensuivent des lectures, la foule écoutant, recueillie.
Tout le monde se debrouille pour voir ce qu'il se passe; le fait est que pour l'instant il ne se passe pas grand'chose...
Lâchement, je l'avoue, je profite de l'inattention de mes voisins pour les transformer en sujets photographiques de premier choix...
Le pope évêque psalmodie en grec, d'une voix lancinante, à la manière d'un imam lisant le Coran... avec tous ces gens dont certains commencent à avoir un type vraiment oriental, on pourrait se croire de l'autre côté de la Méditerrannée...
Cette attente silencieuse et respectueuse ne dure pas trop longtemps.
A minuit, le pope prend la parole, et d'un coup, les choeurs chantent, les fanfares entonnent un air très entraînant, les pétards claquent et les feux d'artifices illuminent le ciel... Kalo Paska, Adelfi !(=joyeuses Pâques, mes frères) tout le monde se congratule, les gens s'embrassent, j'adresse respectueusement mes voeux à mes voisins...
Le feu d'artifice dure longtemps, à la plus grande joie des spectateurs qui saluent de "oh" et de "ah" évocateurs l'apparitions des belles bleues et autres belles vertes...
Mais n'oublions pas que la spécialité maison, c'est la procession ! On est repartis pour un tour, avec ces dames qui chantent joyeusement les cantiques de Pâques au premier rang...
...suivis des popes avec l'évêque dont on voit la tiare luire dans la nuit pascale...
Bonne expérience, cette Pâques corfiote, j'ai juste loupé les mythiques brisers de faïence dans la rue... ce sera pour la prochaine fois...



































































































