vendredi 9 mars 2007
Dubrovnik - La perle de l'Adriatique
Dubrovik est incountournable en Croatie, c'est la ville la plus visitée, et il paraît d'ailleurs que l'été, c'est assez infernal. Aujourd'hui, il n'y a pas grand monde, et le tour des remparts sous le soleil en est d'autant plus appréciable. Voici le Stradun, la rue principale de la vieille ville.
Dubrovik, Ragusa en italien, s'est developpée en république autonome, à partir du Xème siècle, de la même façon que Venise, dont elle était d'ailleurs concurrente.
La vielle ville est donc cernée de remparts, qui devaient la protéger des différrentes invasions qui lui firent par ailleurs changer maintes et maintes fois de nationalité :
autonome, Bosniaque, Vénitienne, Hongroise, Turque, Française, Yougoslave, Croate...
En tous cas, il fait un temps magnifique, je me demande si l'été n'est pas en train d'arriver. Les murs blancs et l'eau bleus sous le soleil, c'est superbe.
Les habitants de la vielle ville profitent des derniers jours de calme avant l'invasion des touristes... par la mer, la terre et les airs, ceux-ci sont les nouveaux colons qui, d'avril à septembre, apportent leurs précieuses devises qui servent à édifier des hôtels d'un goût douteux sur la côte...
Tiens, le premier baigneur de l'année, qui semble fermement disposé à faire trempette au pieds des remparts...
Plus récemment, en 1991 1992, lors de la guerre d'indépendance de la Croatie, la ville a été l'objet de sévères assauts de la part del'artillerie de l'armée serbo-montenegrine ; du coup, de nombreux toits ont été reconstruits, ce qui fait que les tuiles ne sont pas toutes identiques.
Typiques de la Méditerrannée, à vrai dire, j'en rencontre depuis Gênes, les petites rues à escaliers sillonnent la vieille ville
Il va de soi que la ville, farouchement catholique regorge d'églises. Il faut dire qu'ici, on approche de la vraie frontière de l'orient : il arrive que l'on croise des femmes voilées, je n'ai pas encore vu de mosquée mais on m'en a signalé pas loin, une communauté juive séfarade a également sa synagogue depuis 1492.
Un détail du choeur de l'église Saint-Ignace, richement peint...
...et des cierges adressés avec des prières à une sainte locale, dont la représentation en statues, gravures et tableaux hyperréalistes est omniprésente dans les églises ragusaines...
Je suis hébergé par Kirstin (au centre), une allemande en mission d'enseignement de sa langue en Croatie. Elle parle au bas mot 6 langues, a vécu dans pas moins de 6 pays, et va bientôt donner naissance à un enfant franco-italien. Bravo Kristin, je crois que tu pourrais être élue miss Europe !
Egalement présente, Kristin (à droite), américaine du Montana de passage en Europe.
Kirstin nous presente un ami croate, Lazi, également polyglote, instituteur et guide touristique de profession, plein de projets sociaux en tête...excellente soirée en anglais, avec un super jeu de dés auquel je suis assez nul...
Ce samedi, petite excursion dans des coins que Kirstin a repérés, épargnés des touristes. Belles vues sur les îles, que le temps incertain rend particulièrement mystérieuses...
En tous cas, cette cohabitation internationale de 2 jours a été inoubliable, vielen Dank Kirstin ! Ich wunsche dir viel Gluck, und furs Baby auch !
La Bora, le vent froid du nord, souffle... il devrait faire beau demain, je l'espère en tous cas, je pars pour le Montenegro et risque de faire un tour au Kosovo où je suis attendu... à bientôt les amis, c'est à présent la vraie aventure qui commence...
jeudi 8 mars 2007
Split - Dubrovnik : la revanche des cieux!
Aujourd'hui je me lève tôt, et me prépare un bon café croate. Ici, les gens utilisent cette amusante petite casserole, que l'on retrouve entre autres en Roumanie ou en Israel.
Tant que je suis au chapitre des particularités culinaires, jetez donc un oeil à cette emballage de tisane à la šipak : c'est le fruit des roses sauvages, chez nous, on appelle ça du poil à gratter, les autochtones en font des tisanes ou de la confiture...
Au chapitre route, après environ 3 mois de clémence - le dernier jour de pluie remonte a mon arrivée a Lyon, le 7 décembre dernier - les cieux se vengent, et me saucent copieusement toute la sainte journée... on m'avait dit que la route était superbe, c'est sans doute le cas quand il fait beau ; là j'avoue que ce n'est pas idéal. Ca ne fait rien, je passe un petit bout de Bosnie, avant de me jeter au poste frontière dans un bus qui va vers Dubrovnik... les 50 derniers kilomètres auraient vraiment étés difficiles à faire en vélo...
Du coup, j'ai les mains toutes fripées, malgré la double épaisseur de gants. Espérons que l'avenir soit plus radieux...
mercredi 7 mars 2007
Split
Iva nous attend à Split. Elle parle anglais et espagnol, ce qui est plutôt pratique sauf pour moi, qui ai desormais assimilé l'italien... la case de mon cerveau «langue latine du sud» est desormais occupée par la langue de Dante...difficile d'y reloger Cervantès, qui peine à retrouver sa place.
Iva habite avec Jure, tous deux ont pas mal voyagé ; ils nous font découvrir Split.
De chez eux, on a une vue assez magnifique sur la ville et sur la mer... les grues témoignent de l'activité économique, en plein boom. L'entrée prévue (on leur souahite) dans l'UE en 2010 a déjà un effet sur les prix de l'immobilier, et sur les prix en général, selon nos hôtes...
Un des attraits de la ville est la palais d'été de l'empreur Dioclétien.
En fait, la cité s'est contruite au 3ème siecle, au début dans le palais, puis autour de celui-ci.
Le centre est superbe, des églises y ont été rajoutées,
puis des maisons, ce qui confère au tout un charme et une authenticité remarquables.
On se sent dejà plus au sud, la mer est bleue et forme un plan d'eau magnifique depuis la colline qui surplombe la ville.
Certains endroits rappellent l'Espagne...
...d'autres nous rappellent que nous sommes dans un pays dit de l'est...
Je vous rappelle que Yougo veut dire sud en croate...
Le front de mer est paisible, nous y admirons à loisir les couchers de soleil...
Et la statue de l'archevêque sur fond de clocher la vénitienne rappelle que notre sérénissime cité citée plus haut n'est pas si loin...
Conçernant notre duo de choc, Ludo a choisi de regagner notre beau pays, en se faisant un petit tour par Barcelone. Il faut dire qu'il ne peut pas faire de vélo, et voyager dans ces conditions n'est pas ce qu'il y a de plus agréable quand on traîne une bicyclette de 18 kg et 20 kg de bagages.
Salut mon ami, ces trop courtes journées passées avec toi ont été délectables à tous points de vue, je penserais à toi lors de mes longues étapes solitaires...
dimanche 4 mars 2007
Zadar-Split
Une belle étape d'environ 150 km.
Je pars vers 10h du matin, pour ne pas être trop pressé. Hélas, trois fois hélas, au bout de 50 km, rupture de l'axe de ma roue arrière...en gros imaginez une voiture sans essieu arrière, pour faire simple, ça marche beaucoup moins bien. Prenons les choses du bon côté : il fait beau, le prochain village n'est qu'à 10 kilomètres, et de là je peux prendre un bus pour Split, ce que je fais après quelques tentatives infructueuses de stop...il faut croire que le vélo intimide le Croate du dimanche...
samedi 3 mars 2007
Zadar
Zadar est une ville plus petite, et elle fut successivement romaine, turque, hongroise, vénitienne, Yougoslave, Croate. Le centre historique est magnifique, nous nous y promenons des heures et succombons entre autres charmes à celui de l'orgue des mers...un système ingénieux fait en sorte que les variations du niveau de la mer au gré des vagues composent une musique en remplissant des tuyaux d'air..
Ludo dessine, je photographie...
...le plus agréable est qu'une fois de plus, nous sommes quasiment les seuls touristes...
jeudi 1 mars 2007
Rijeka - Zadar
Ultime tentative de vélo pour Ludo, après deux jours de repos, des anti-inflammatoires, les conseils d'Asja qui fait des massages en thalasso l'été...Hélas, au bout de 40 kilomètres, il lui est impossible d'aller plus loin.
Pas grave, on plante la tente dans un camping adandonné, et le lendemain, je reprends la route à vélo, alors que mon compère prend le bus jusqu'à la prochaine étape, Zadar.
La route domine les îles, qui malgré le temps incertain, sont splendides. Je prends le bac pour Pag, déserte et majestueuse. La route est longue, mais ça fait du bien d'avancer un peu. Le soir, je suis à Zadar, où je retrouve Ludo.
mercredi 28 février 2007
Rijeka
Bon, à Rijeka, une fois de plus, une excellente surprise... Ludo m'a rejoint en bus, et croyant que nous ne trouverons personne pour nous héberger, nous nous dirigeons un peu déçus, vers l'auberge de jeunesse. Et là, apparition : Asja! (prononcer Asia). Elle ne peut pas nous loger chez elle ce soir, mais nous emmène chez ses amis, Vjeko et Vana. Bonne soirée passée en compagnie de tous ces gens là plus leur ami Andre alias Batman (on ne sait plus vraiment pourquoi on l'appelle comme ça)
Débuts pour nous de l'apprentissage de la langue Croate, qui fait partie du groupe des langues slaves. Elle est très proche du Serbe, du Bosniaque, n'oublions pas que tous ces gens là ont vécu unis de 1918 a 1991, en fédération après la seconde guerre mondiale, sous l'égide de Tito, qui est le seul à vraiment avoir réussi à unir le pays...
Le Slovène est sensiblement différent, le Macédonien aussi. Notez que le Macédonien et le Serbe peuvent s'écrire en Cyrillique (comme le russe et le bulgare). Quant aux Kosovars, ils parlent l'albanais, cette région separée de la Serbie depuis 1999 et administrée par l'ONU (MINUK) en attente d'un statut définitif est en effet peuplée à 90% d'Albanais. Le reste de la population est constitué de Serbes (5%) et d'autres minorités (5%). J'y reviendrai plus tard.
Le lendemain, promenade dans les rues des Riejeka. Rijeka veut dire «fleuve» en Croate. En italien, cette ville s'appelle Fiume, ce qui veut dire aussi «fleuve».
Cette ville, la troisième de Croatie, avec environ 150 000 habitants, est le principal port du pays. Elle est encore reclamée par certains Italiens d'extrême droite, pour avoir été italienne de 1924 a 1945.
On sent l'influence austro-hongroise, certains batiments rappellent Trieste, on ne se sent pas à vrai dire dans une ville du sud.
En tous cas, Asja est une hôtesse chaleureuse, elle nous promène au volant de sa Supercinq dans les rues en pente de Rijeka...
...organisant avec son amie Anna un transfert de nos vélos d'un point à l'autre de la ville...
mardi 27 février 2007
Pula
De bonne heure, je laisse Iva et Neven, encore une bonne rencontre, merci www.hospitalityclub.org, et merci Iva (l'autre de Split, que nous devons rencontrer un peu plus tard) pour nous avoir mis en relation ! Histoire de la voir, je me dirige vers la ville. Une fois de plus, les Romains, peuple assez admirable s'il en est, sont passés par là, et on laissé une empreinte qu'il est difficile d'ignorer...un cirque digne du Colisée, impressionnant...
Sinon, l'Istrie est magnifique, on y retrouve ces petits villages aux murs blancs et aux toits rouges, avec des clochers carrés au sommet pyramidal, qui rappellent qu'ici, on est historiquement en Vénitie.
Un petit voilage de ma roue arrière qui tourne a peu près aussi droit que le genou de Ludo, m'oblige à m'arrêter quelques heures pour la faire réparer à Pula... le temps de goûter au café Croate, qui du moins en Istrie peut rivaliser avec l'espresso qui m'a enchanté deux mois durant...
Les routes de l'Istrie sont en bon état, j'ai cependant 100km à faire en une après midi, ça va être tendu d'arriver avant la nuit... oh, la belle centrale thermique de Plomin, avec sa cheminée qui strie le paysage de son rouge et blanc...
Ah, ça y est, je vois les premières îles. Il faut savoir que la Croatie comporte plus de 1000 îles, ce qui donne à sa côte un aspect particulier. Ici, c'est l'île de Cres (prononcer « Tsres» avec l'accent sur le E et en roulant le R) vue depuis un promontoire d'où je domine les environs.
Allez, on se dépêche, il me faut au plus vite gagner Rijeka, il va bientôt faire nuit. Tiens, l'île de Krk ( Prononcer Kerk, avec un E très léger.)
lundi 26 février 2007
Trois pays en une journee...
Quand il faut y aller, il faut y aller... l'Italie, qui m'a tant plu, fait desormais partie des souvenirs... peut-être pas pour si longtemps, bon on peut supposer que je revienne un de ces jours remettre cette belle langue en pratique... Ludo dans le retro, nous prenons la route de la frontière, et au bout de très peu de temps, nous voici en Slovénie. Pour votre info à tous, la Slovenie est en UE depuis le 1er mai 2004 et dans la zone Euro depuis le 1er janvier dernier. Le PIB par habitant y est supérieur à celui du Portugal...
La toute petite côte Slovène, qui doit faire trente kilomètres à tout casser est relativement préservée. Le paysage change radicalement des installations portuaires industrielles de Trieste. On sent tout de même qu'on passe à l'est, même si on sent dans la raideur apparente des quelques personnes à qui nous parlons quelque chose de germanique...
Nous nous arrêtons à Portoroz, entre Slovénie et Croatie pour manger un morceau... c'est aussi l'occasion de faire le point sur le genou de Ludo, qui ne lui permet pas de continuer jusque Pula, 100 km au sud... tant pis, mon compère prend le bus pour Trieste, où nos amis pourront sans doute l'héberger... quant à moi, je repars sans traîner, histoire de limiter le temps de route de nuit...
Allez, cette fois, c'est la bonne, une vraie frontière où on me demande mon passeport (sans toutefois le tamponner, déception), ce que je vais faire, où je vais, si j'ai sur moi de la drogue, de l'alcool, du tabac... et vu que je n'ai rien de tout ça et que ma tête doit inspirer les douaniers, je rentre sans encombre en Republika Hrvatska, la République de Croatie...
Au bout de la route, à Pula, je suis accueilli par Iva et Nezen, des amis d'Iva, une Hospitalityclubbeuse qui habite désormais plus au sud, à Split. Iva et Nezen sont fous de montagne, ils passent leurs vacances entre les glaciers et le sommets. Belle rencontre, je peux me permettre quelques mots d'introduction en Croate (Dobre Vetčer, bonsoir) et ai le choix de continuer la soirée en anglais ou en Italien...
L'italien est courant en Istrie, la proximité de la peninsule à l'Italie et les invasions auxquelles ses habitants ont étés habitués les fait pratiquer couramment cette langue. D'ailleurs, la famille de Fabrizio, mari de Tjana et copain d'escalade de Neven, est d'origine italienne, vous vous en serez doutés...





























































