jeudi 31 mai 2007
Antalya
Et voilà Antalya, la grande ville touristique de la côte sud, où je découvres avec joie l'une des rares spécialités turques que je n'avais pas encore goûtée : les manti, sortes de ravioli miniatures que l'on mange avec du yaourth et une sauce légèrement épicée...un délice...
Je suis accueilli par une troupe de collocs plutôt sympa, un peu plus jeunes que moi et étudiants en médecine. Berke, romantique et musicien nous fait une petite démonstration à la guitare...
...et son copain Mani, plus terre-à-terre, me parle longuement de ses origines iraniennes et de ce pays magnifique que je rêve également de découvrir...
Gomze, dont le prénom veut dire fossette, ne trouve rien de mieux a faire que s'endormir, malgré le repas français que je me fais un devoir de préparer à la joyeuse bande...
Aller à Antalya, c'est forcément prendre un peu de temps à Aspendos, pour voir l'amphithéâtre romain le mieux conservé du monde antique...superbe, on s'y croirait.
L'édifice est encore en fonction, notemment pour un festival annuel de musique, qui commence fin juin...
Ajoutez au tout un décor naturel magnifique, complètement méditerranéen... on s'imagine en toge assister aux tragédies et faire des commentaires sur la politique impériale ou la qualité du travail des esclave Numides...
lundi 28 mai 2007
Atatürk
Il est une figure incontournable en Turquie, celle du fondateur de la république et de la Turquie moderne, Mustafa Kémal, dit Atatürk.
Pour faire vite, il est né en 1881 à Thessalonique, la ville faisant à l'époque partie de l'empire ottoman. Il a bataillé pour faire des études, commence par étudier les mathématiques puis entre a l'école militaire.
Il sort lieutenant en 1905 et prend alors part à différentes organisations visant à renverser le sultan, ce qui lui vaudra d'être emprisonné.
Puis la guerre des Balkans en 1912 et surtout sa victoire sur les alliés au cours de la bataille des Dardanelles lui confèreront un statut de héros militaire incontestable.
Il prend un rôle militaire, puis politique croissant dans les guerres qui marquent la fin de l'empire Ottoman, jusqu'à être élu président de la République en 1923, poste qu'il occupera jusqu'à sa mort, en 1938.
Bien qu'ayant été plus un dictateur qu'un chef d'état élu démocratiquement, Atatürk a réussi à faire de la Turquie l'état moderne qu'elle est de nos jours.
Il a également été a l'origine de changements forts comme le passage du calendrier arabe au calendrier grégorien en 1926, ou le passage de l'alphabet arabe à l'alphabet latin en 1928. Il rend l'école obligatoire pour filles et garçons, impose à tous le port d'un patronyme en 1934 et adopte pour l'occasion le nom d'Atatürk, père des Turcs.

Les femmes obtiennent le droit de vote en 1934, les vêtements traditionnels ottomans sont délaissés au profit des costumes à l'occidentale...de grands travaux de modernisation, construction de routes sont menés à travers le pays.
Atatürk a réussi à faire de la Turquie un pays en route vers la modernité, au travers d'un système politique qui a survecu à son fondateur. Les Turcs en sont très fiers, comme en témoignent ces quelques images.
Encore aujourd'hui, et plus que jamais face aux menaces qui planent sur l'intégrité de la constitution laïque du pays, l'image de Kemal est omniprésente...
mardi 22 mai 2007
Marmaris - Antalya
Voici le lac de Köyceğiz, au petit matin, le lendemain de mon départ de Marmaris. Je tiens a dire que j'ai fait Marmaris-Köyceğiz, 62 km en 3 heures chrono sans poser le pied a terre...avec deux cols a 550 m sur le chemin...
Bref, trêve d'apologie de mes modestes performances, la région est méchamment accidentée. La journée du lendemain consiste principalement en une lutte sans merci contre la gravité. Ma victoire se traduit par l'arrivée a Kalkan, beau port sur une crique qui plaît beaucoup a nos amis les anglais..
Le temps de vous faire partager cet étal de fruits multicolore, et je vais me reposer du sommeil du juste.
Le lendemain a l'aube, me revoici sur la route, avec les dernieres îles grecques, qui sont a moins de cinq kilomêtres de la côte...encore une raison de comprendre les relations parfois tendues entre les deux pays...
Bon, apres Kaş, les difficultés surgissent...côte super raide, ma carte n'est pas assez précise, mais il me semble que la route chemine a plusieurs centaines de mêtres au dessus du niveau de la mer, pourtant pas si lointaine...
Heureusement, le salut m'apparait en la personne de Mehtin, livreur de meubles qui rentre a Antalya ou il m'offre de m'emmener. Teşekir ederim, arkadaş, je me contenterais de m'arreter a Cirali, ou je suis attendu. Belle rencontre avec Mehtin, malgre mon peu de turc et son peu d'anglais, nous arrivons a communiquer. Il me parle de sa foi, de sa famille, et je comprends! Inoubliable...
Cirali, c'est un petit village anciennement de pecheurs, devolu de nos jours au tourisme, mais dans une version plutot raisonnee et ecolo.
Cela dit, pas sur que les tortues de mer kareta-kareta, dont la plage est le pondoir favori apprecient cette compagnie...
...pas evident de concilier tourisme et ecologie,`dans ce pays qui ne demande qu'a se developper. Je ne pousse pas le vice jusqu'a aller observer la ponte qui se produit de nuit, il parait que les cheloniidées n'apprecient pas du tout. Je me mets a leur place et je comprends...
En attendant, Cirali, c'est une bonne rencontre avec Adile, qui tient un resto sympa et qui fait tres bien la cuisine, et deux de ses amies allemandes Bea et Vlasta. Bonnes discussions, je m'etonne a discuter en allemand...tres paisible, ca change, ca fait du bien!
Et le lendemain, une petite trotte de 80km, sur une route qui ne monte pas trop, et qui se charge de vehicules a l'approche de la grande ville, Antalya...
samedi 19 mai 2007
Marmaris et sa vie nocturne...
Marmaris, c'est une station balnéaire, avec une vie nocturne assez développée. Mon hôte, Anıl est grand adepte de soirées en tous genres, et ce soir, c'est soirée déguisée.
L'avantage, avec Anıl, c'est qu'il a travaillé dans un grand hôtel, et a encore des contacts avec l'équipe d'animation. İl nous trouve donc des costumes de mexicains, plutôt sympas...
...ce qui nous permet de faire impression au milieu de cette joyeuse foule travestie...
...C'est aussi ça, la Turquie moderne, finalement, pas grand chose qui fasse la différence avec (autre?) un pays d'Europe...
...à part que les gens ont des costumes que l'on trouve peut etre un peu moins communément chez nous...
Bref, soirée mémorable, même si je ne comprends pas tout ce que les gens disent entre le turc et le bruit...
On s'est bien amusés, n'est ce pas, Anıl?
mercredi 16 mai 2007
D'İzmir a Antalya - L'Egée du sud
Au sud d'İzmir, on trouve pas mal de stations balnéaires, telles que Kuşadası. Pas mal d'étrangers, notemment d'anglais...
Puis en continuant au sud, on trouve Bodrum, alias Halicarnasse. Belle nature, pas mal de montées abruptes...
...et des infrastructures tousistiques developpées et destinées à une clientèle fortunée...
...ce n'est pas trop mon truc, je préfère observer les détails amusant des différences linguistiques...
...ou ces petites constructions sur le bord des routes qui doivent servir d'abri ou de hangar, un peu comme les trulli, dans les Pouilles, au sud de l'İtalie...
Allez, on reprend la route. Essayant de m'éloigner de la route principale, je m'enfonce et me perds dans les montagnes. C'est beau, mais autant vous dire que l'esthétique n'est pas votre première préoccupation quand vous ne trouvez rien de mieux a faire de vos journées que de vous ballader dans les pires montées sur des routes pleines de trous, avec 40kg de matos...
Oh, la mer...je l'avais oubliée, celle-là...allez, repos dans la première pension venue, après 60 km dans les montagnes, rien de tel qu'une bonne nuit pour vous remonter le moral...
Le lendemain, le soleil brille mais la route que je suis longe la mer à quelques dizaines de mètres...personne, sauf moi...
Une famille petit-déjeune sur la route peu frequentée. Alors que je leur demande si je suis dans la bonne direction, ils m'invitent à partager leur repas. Malgré la langue, nous arrivons à échanger quelques petites choses...beau moment...
la route n'en est pas vraiment une, c'est une piste qui domine la mer bleue. La piste est abritée d'arbres, ce qui la rend plus agréable...
Et au terme d'une route assez épuisante qui dure un jour de plus que prévu, c'est enfin Marmaris, avec ses montagnes qui entourent la baie...
...et le commerce pléthorique des vacances au soleil, bénificiant notemment d'une importante clientèle anglaise...deux jours de repos ne me feront pas de mal...
vendredi 11 mai 2007
Buca - Emrah
Grand merci à mon ami Enrah qui m'a hébergé dans son appartement de Buca, près d'İzmir. Là, on est dans le salon, avec sa maman.
Ça, c'est près de chez Emrah, des statues de derviches tourneurs dominent la ville de leur ligne élégante...
...entourant la statue géante d'un sage Ottoman du XIIème siecle, qui considérait dans son approche toutes les sagesses et religions connues des musulmans...l'empire étant alors aussi bien ouvert sur l'Orient que sur l'Occident...
jeudi 10 mai 2007
Pergame
Bon vous me direz, encore des vieilles pierres ? Et ben oui, un tas de vielles pierres, qui a une paricularité : se trouver sur une colline, d'où le nom d'Acropole pour la citadelle en question, celle de Pergame.
Il reste tout de même des constructions romaines, comme le sanctuaire de Trajan,
...un amphithéâtre, je vais commencer a être spécialiste en la matière. Celui-ci est en mauvais état mais offre une vue magnifique sur les environs.
Bon, voila, les restes d'un temple antique, notez que nos voisins et néanmoins amis Allemands ont emmené chez eux au XIXème un bel autel qui subsistait...
...et l'on remonté à Berlin, dans un musée spécialement conçu pour. Les Turcs estiment que c'est du vol, et en exigent depuis lontemps, la restitution...
Moi, je siffle la haut sur la colline assez calme entre les charretées de touristes qui y débarquent, et regarde pensivement le lac artificiel voisin...
mardi 8 mai 2007
Ephèse
Remarquable bibliothèque de Celsus, désolé, je ne sais pas de quand elle date.
... et les reste d'une villa qui a du être belle car richement décorée. D'ailleurs, elle décore certains billets turcs.
Des restes de mosaïques, ça me rappelle Pompei...
...et la perspective générale de l'avenue principale de la ville. Pas trop le temps d'explorer Ephèse, la chaleur et le manque d'ombre rendent la visite assez insupportable. Remarquable, toutefois...
...avec un dernier petit amphithéâtre, pas trop grand et en bon état...
L'Eglise des Sept Dormants, à proximité, a ceci de particulier d'être vouée à un miracle considéré comme tel par les Chrétiens et les Musulmans... Sept jeunes garçons persécutés pour leur foi se seraient cachés là et réveillés, selon les religions...170 à 300 ans plus tard !
Fatigués par tant d'émotions, Emrah et moi nous offrons un peu de repos dans une grande tente traditionnelle où on sert d'excellents ayran maisons, une sorte de yaourth liquide très légèrement salé et très raffraîchissant...
Voilà ici ce qu'il reste du temple d'Artémis, considéré en son temps comme l'une des sept merveilles du monde antique...plus grand chose, un peu décevant, même avec de l'imagination...
Moins lointaine, l'ancienne basilique Saint Jean, qui fut édifiée par les Byzantins au VIème siècle, une des plus grandes églises de l'epoque. Saint Jean, apôtre du Christ a fini ses jours dans les environs...
...de même que la Vierge Marie dont on dit qu'elle aurait habité dans les parages. Il y a même une maison dite de la vierge, mais bon, je n'ai pas poussé jusque là...
Voilà la basilique en vue d'ensemble...
...et sa concurrente, la mosquée, plus récente, en contrebas.
De face...
...et de l'intérieur, avec quelques fidèles et l'immam en prière. İl doit s'agir d'hommes pieux car la proximité au mihrab est signe d'une grande foi et d'une patique intense.
Classique des mosquées et créateur d'une ambiance peut-être plus chaleureuse que dans une église : les tapis, le fait d'être tous pieds nus, et les lustres très bas...
Dehors, des stèles funéraires dont les propriétaires ne se soucient sans doute plus...
lundi 7 mai 2007
İzmir
Et voila İzmir, comme je vous l'ai dit, ville gigantesque au bord de la mer et comme beaucoup des cités que j'ai deja visitées au cours de ce voyage, les collines donnent sur la baie, ce qui est beau...
...et ce que les habitants se font une joie d'admirer depuis ce parc auquel on accède par des oeufs qui pourraient faire croire que l'on est dans les Alpes...
Pas mal d'endroits du centre ville offrent de beaux panoramas sur la baie et les toits...
La place de l'horloge, coeur du centre ville et les habitants qui donnent des graines aux pigeons...
...et les quartiers plus populaires avec sous vos yeux une parfaite illustration d'une pratique ancestrale que j'ai l'occasion d'observer depuis Naples, et que j'ai du coup baptisée "le panier napolitain" : quand on a quelque chose à remonter ou à descendre, et qu'on a pas envie de faire un aller-retour de quatre étages, on descend par la fenêtre ce panier attache à une ficelle, et le cas échéant, on hèle un passant pour lui demander son aimable collaboration...
A Smyrne ont traditionnellement cohabité les trois religions du Livre. De nos jours, ce sont comme dans tout le pays les Musulmans qui sont le plus visibles, au vu du nombre de mosquées que l'on rencontre...
...mais il va sans dire que dans une ville portuaire et commerçante, la communauté juive a eu son rôle à jouer. İl semble qu'elle soit à peu près disparue de nos jours, impossible d'entrer dans la seuls synagogue que j'identifie comme telle...
Les Chrétiens sont aussi maintenant en nombre restreint, n'empêche que la communaute catholique française a laissé une belle église, Saint Polycarpe.
Un peu brillante, mais bon, on est en Orient...Un peu partout, des plaques célèbrent la mémoire des genereux donateurs de la communauté, qui excellait semble-t-il dans les affaires. Un Smyrniote illustre ? Edouard Balladur, né ici même en 1929, d'une famille de commerçants Levantinais, français du Levant.
La vierge noire, que les premiers chrétiens arrivés au XXIIème auraient emmenés avec eux...
...et sur le sol, des plaques écrites en langue arménienne, facile à identifier car elle ne ressemble à aucune autre, preuve que des Arméniens sont aussi passés par là...
İzmir, c'est aussi l'Agora, ancienne place du marche grecque, romaine puis byzantine...
...dont il ne reste hélas que quelques colonnes dans le quartier occuppé aujourd'hui par les Kurdes et les Egyptiens. NB: les Egyptiens sont appelés familièrement "gypsies".
İzmir, c'est aussi les bons plans de l'ami Engin, qui travaille depuis peu pour une grande boîte de sous traitance automobile. S'appeller Engin et travailler dans l'automobile, desolé, mais moi, ça me fait rire.
Avec Engin, entre deux visistes du centre ville plutôt animé, on se fait un petit concert de jazz genre Darius Milhaud / Glenn Miller, avec un pianiste solo super en forme. Pas mal, ça change de la musique turque...
Voilà Engin dans une rue animee dans laquelle il a ses habitudes...thanks for the plans my friend, and see you next time anywhere in the world!
Voilà, cette ville me plaît pas mal, pour la découvrir je me jette dans les bus qui portent comme direction des quartiers que je ne connais pas, et je me laisse porter, jusqu'à ce que l'endroit me botte...Ciao, Smyrne-İzmir, ce fut un plaisir...
dimanche 6 mai 2007
Çanakkale - İzmir
Je quitte İllion et ses environs, la route m'appelle, elle et moi on a du mal à être séparés plus de quarante huit heures... un petit peu de montagne, histoire de me rappeler que j'ai des cuisses, et un étrange panneau, que je ne comprends pas tout de suite :
Le "Ş" se prononçant "ch", aurait on affaire à un croisement entre la route des hommes et celle de ses lointains cousins bovidés ?
...mystère...peut être trouverai-je la réponse plus tard...tiens, la mer qui revient après une petite pause montagne...
La Turquie, ce n'est plus la porte de l'Orient vu que C'EST l'Orient. La preuve, les camions, que l'on croirait venus directement du Rajahstan...
Ça, c'est moi, au terme d'une journée de 160 km de vélo ! N'allez pas croire que c'est autre chose que ma modestie naturelle qui me rougit, O public adoré !
Un coucher de soleil observé depuis mon bivouac camping de la nuit... pas encore de bain, mais c'est pour bientôt...
Le lendemain, au terme d'une étape équivalente à celle de la veille, voilà İzmir, troisième ville de Turquie, avec un peu plus de trois millions d'habitants... autant vous dire qu'entre ce panneau et le centre ville il y a un bonne quizaine de kilomètres...
Tiens, revoilà mon panneau mystere, avec un vendeur de trucs à vélo...bizarre..pas a priori de bovidés dans les parages... bon, allez, je vous le dis, bande de curieux, ça veut dire "ralentissez"...
Enfin, je trouve Emrah ou plutôt le bar où il officie en tant que serveur. Ce soir, finale Beşiktaş-Fenerbaçe...ambiance et bière Efes garantis!
Ça c'est mes deux potes de la soirée, Ahmet et Serkan. İls sont plutôt sympas, sont intéressés par mon histoire et ne parlent pas de foot, ce qui est bien...
































































































